Dépêches de l'AEF (Agence
Education Emploi Formation)
Paris, le 22/05/2001
" CSTI: Didier Lombard explique l'enjeu d'une généralisation
de l'usage des TIC "
"Les TIC (technologies de l'information et de
la communication) sont un outil de formation très sollicité
par l'ensemble de la population" et qui doit permettre la nécessaire
universalisation de l'accès à la formation, explique à
L'AEF Didier Lombard, secrétaire général du CSTI
(Conseil stratégique des technologies de l'information) (L'AEF
du 13/04/2001). Il souligne l'importance, dans le cadre de la mise en
place de la société de l'information, que chacun puisse
se former aux TIC quel que soit son niveau d'étude. La formation
est un des sujets prioritaires du CSTI, car "le succès de
la révolution Internet et la place de la France [dans ce processus]
dépendent du nombre de personnes formées".
Le CSTI a pour rôle d'émettre des avis destinés
à éclairer le gouvernement. Il est composé d'acteurs
très divers: représentants du monde de l'entreprise, universitaires,
responsables de start-up, professionnels de la finance... Il doit réagir
rapidement à l'actualité, car, explique Didier Lombard,
"sa logique est celle du flux permanent". Le CSTI intervient
dès que l'occasion se présente: une réunion du
CISI (Conseil interministériel pour la société
de l'information), un sujet à l'ordre du jour du Conseil des
ministres...
PRAGMATISME
A propos des rapports entre les secteurs privé et public, le
CSTI n'a pas de position de principe, explique Didier Lombard. D'ailleurs,
"sur chaque sujet, l'approche du CSTI est particulière"
et la philosophie générale est de "privilégier
le pragmatisme plutôt que le dogmatisme". Exemple d'attitude
pragmatique: la question du "développement harmonieux des
réseaux", sur laquelle le CSTI travaille actuellement, doit
être abordée dans l'idée d'un débit qui convienne
à tous, suivant la formule "à chacun selon ses besoins".
Pour que "tout utilisateur puisse disposer dans les meilleurs délais
d'un débit garanti répondant à ses besoins professionnels
ou privés à un coût abordable", il n'est pas
nécessaire de prévoir un accès à 2 mégabits
pour tous, explique Didier Lombard, mais l'entreprise isolée
qui en a besoin doit pouvoir en bénéficier.
En matière de connexion à Internet, "la situation
a profondément évolué", note-t-il. On est
passé "d'un modèle monopolistique à une ouverture
à la concurrence avec une obligation de service public instituée
par la loi de 1996". Selon Didier Lombard, le marché ne
va pas "si facilement" mettre à la disposition de tous
un accès correct à Internet. "Il n'est pourtant pas
question de laisser des zones géographiques non couvertes par
le réseau sous prétexte de non rentabilité."
Le CSTI doit émettre un avis sur cette question afin de parvenir
à "un équilibre aussi pragmatique que possible".
UNE CHARTE ET UN LABEL
Le CISI réuni le 10 juillet 2000 avait souhaité encourager
l'idée de formations supérieures spécifiquement
consacrées à Internet - ce qui doit aboutir d'ici 2003
-, et la constitution d'un réseau national "d'écoles
de l'Internet" dédiées à "la formation
aux technologies et aux applications de l'Internet dans l'ensemble des
secteurs économiques". Une "charte des écoles
de l'Internet" (L'AEF du 10/01/2001) devrait être approuvée
par le gouvernement début juillet, indique Didier Lombard, après
que le CSTI aura fait pour le 15 juin la synthèse des contributions
- une consultation publique est ouverte sur le sujet et chacun peut
envoyer sa contribution à l'adresse suivante: consultation-publique@csti.pm.gouv.fr.
Cette charte précisera les critères d'attribution d'un
label "école de l'Internet". Les formations "professionnalisantes"
de niveau I à III (bac+2 à bac+5), en formation initiale
ou en formation continue diplômante, pourront recevoir ce label
à condition de remplir un certain nombre de critères ayant
trait "à la finalité, au contenu et à l'approche
pédagogique". Selon Didier Lombard, ce label doit garantir
aux personnes souhaitant se former un "environnement favorable
avec des outils adaptés et une pédagogie innovante"
et une reconnaissance qui favorisera leur insertion professionnelle
au niveau national, européen et international. Pour les établissements,
le fait de faire partie d'une filière de formation labellisée
signifiera "une plus grande attractivité et une plus grande
notoriété, dues à une plus grande ouverture vers
les autres formations et vers les entreprises". Enfin, pour les
entreprises et les services publics, le label garantira que "des
comportements adaptés à la culture d'Internet ont été
introduits dans les cursus et intégrés par les étudiants".
CONVERGENCE
Jusqu'à présent, seuls les titulaires d'un diplôme
de niveau bac+5 bénéficient des actions de formation à
Internet, remarque Didier Lombard. "Si l'on veut que la société
dans son ensemble" progresse vers la société de l'information,
il faut que les autres catégories de population en bénéficient
aussi. Didier Lombard estime également nécessaire la présence
sur tout le réseau de techniciens, afin d'assurer un bon fonctionnement
et une cohérence des initiatives mises en place. Par exemple,
"introduire Internet dans les écoles ne peut se faire qu'en
y plaçant également des techniciens, pour remédier
aux inévitables problèmes techniques".
"Les Français aiment beaucoup leur service public et il
existe un sentiment très fort chez chaque citoyen du droit qu'il
a à bénéficier des services de l'Etat". Aujourd'hui,
la généralisation de l'accès à Internet
fait partie de ces services. Didier Lombard remarque qu' "on observe
aujourd'hui une convergence sur ce point avec d'autres pays européens:
en Suède et en Allemagne, par exemple, une couverture universelle
du pays est en train de se mettre en place".
Par Cyril Duchamp cyril.duchamp@l-aef.com