Conseil Stratégique des Technologies de l'InformationEnglish
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Compte-rendu de la réunion plénière de travail du CSTI,
le 30 mars 2005


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Le Président délégué, Monsieur Jean-Michel HUBERT, a réuni le CSTI à l'Hôtel Matignon

L'objet de ce compte rendu n'est pas la restitution intégrale des interventions, mais bien la description des discussions que ces débats ont suscités et de leurs conclusions.

Membres participant à la réunion du Conseil :
M. Jean François Abramatic ; M. Alain Bravo ; M. Patrick Cocquet ; M. Jean Pierre Corniou ; M. Michel Dahan ; M. Michel Didier ; M. Claude Guéguen ; M. Yves Guillemot ; Mme Simone Halberstadt Harari ; M. Daniel Kaplan ; M. Philippe Lemoine ; Mme Colette Lewiner ; M. Joël Monnier ; M. Grégoire Olivier ; Mme Isabelle Parize ; M. Gilles Pélisson ; M. François Henri Pinault ; M. Denis Ranque ; M. Gérard Roucairol ; M. Claude Satinet ;
M. Serge Tchuruk.

Membres excusés :
M. Thierry Breton ; M. Jean-Charles Hourcade ; M. Gilles Kahn ; M. Arnaud Lagardère ; M. André Lévy Lang M. Patrick Le Lay ; Mme Colette Lewiner ; M. Jean Mounet ; M. Jacques Stern.

Invité :
M. Didier Lombard.

 

LA REUNION PLENIERE

 

Technologies de l'information et compétitivité

Le rapport réalisé par cinq membres du Conseil est présenté.

Ce rapport est totalement actuel, en particulier l'approche sectorielle qui y figure.

Il reste un tissu de PME/PMI insuffisamment développé, alors qu'il est l'écosystème naturel des grandes entreprises.

Les préconisations de ce rapport permettraient la mise en action d'une double dynamique sectorielle et territoriale qui reste à créer aujourd'hui, via des investissements en technologies de l'information par les dirigeants de PME et PMI.
Le document élaboré conduit ainsi à des propositions pratiques et opérationnelles, qui répondent bien à l'objectif fixé par le Premier ministre.

Il est souhaitable que ce rapport soit diffusé le plus largement possible, en particulier dans le grand public, car cette diffusion sera de nature à aider et contribuer à la prise de décision, tant en ce qui concerne sa partie " recherche " que celle consacrée à "l'innovation".

L'approche par les usages, concrétisée dans une recommandation sectorielle, est en particulier conçue même en vue d'une diffusion publique.

Lors de la discussion, il est fait part d'une position complémentaire, en ce que les usages ne provenant pas des industriels, toute démarche de prescription serait contre productive.

Cette analyse n'est pas partagée par d'autres membres, qui soulignent qu'il s'agit en outre de mettre en avant cette préconisation afin de faire largement progresser la France en matière de technologies de l'information.

Le caractère urgent et sérieux de la situation est souligné à plusieurs reprises, et en conséquence la nécessité que la publication la plus large soit donnée à ce rapport.

Il s'agit de faire obstacle à une impression de déjà vu sur le secteur des T.I.C.

Le Conseil décide à l'unanimité d'adopter ce rapport, une note complémentaire étant transmise simultanément au Premier ministre, afin d'assurer la meilleure transparence de ce débat au sein du Conseil.

Le Conseil émet également le vœu qu'il soit procédé à la diffusion publique la plus large du rapport.


Initiatives publiques récentes :

a) Agence nationale de la recherche,
b) Agence nationale de l'innovation,
c) Pôles de compétitivité,
d) Initiatives européennes, PCRD

... propositions pour le secteur des TIC, complémentarités et mise en perspective.


a) L'agence pour l'innovation industrielle (AII), a pour objet de renforcer les sociétés de technologies, sachant que le " tout public " ne fonctionne plus.

Le principe est de proposer des programmes mobilisateurs, à échéance 5 à 10 ans, financés par une entreprise industrielle à au moins 50%, avec des critères : présence d'innovation, de marché (= pas de commande publique), entreprise qui aura une part de marché significative (= ce n'est pas destiné aux P.M.E., mais aux grands groupes), critères économiques de l'entreprise elle-même, rôle de la puissance publique.
La création de l'A.I.I. nécessite le vote d'une loi, s'agissant d'un Établissement public administratif, ce qui a fait l'objet d'une nouvelle mission confiée à M. BEFFA.

L'idée générale du rapport est que de plus en plus de projets en collaboration sont nécessaires, au lieu de la dispersion de l'activité industrielle et de la perte d'efficacité et du coût entraînés par la concurrence industrielle.


b) L'Agence nationale pour la recherche (A.N.R.) mettra en œuvre des crédits sur appels d'offres, au lieu de financements récurrents.

L'inquiétude de la communauté de la recherche tient à la direction de ces crédits et les critères de choix : s'agira-t-il de l'application de l'objet de la recherche, de critères sectoriels, géographiques ?

Le Groupement d'intérêt public A.N.R. a un centrage " recherche " très important, et la question de la coordination avec l'A.I.I. est posée.

Le budget de l'A.N.R. ne devrait pas dépasser l'addition des budgets du Fonds national de la science et du Fonds pour la recherche technologique auxquels il se substitue.

L'importance de la part T.I.C. est difficile à mesurer, dans la mesure ou la part de " recherche blanche " (c'est-à-dire non thématique) est élevée, et en croissance au fur et à mesure que l'ébauche se précise.

Une partie de cette " recherche blanche " reste ouverte à des thématiques T.I.C.


c) Sur les pôles de compétitivité, il s'agit de réunir des acteurs par zone géographique.

Cela rejoint des interrogations sur la recherche publique.

Ces pôles de compétitivité ont conduit à 105 propositions déposées, dont 17 en T.I.C. couvrant 11 régions.

Quelques projets de pôles T.I.C. :

* Île-de-France, sur la modélisation des systèmes complexes, centré sur Orsay ;
* GRENOBLE, sur les micro et nanotechnologies ;
* Contenus multi-media à PARIS ;
* Applications sur systèmes embarqués à BORDEAUX et TOULOUSE.

Dans le secteur TIC, trois thèmes transverses apparaissent : l'interopérabilité, la sécurité et l'adaptabilité à l'usage.

Il faut faire croître les TIC parmi les pôles de compétitivité, qui sans cela ne se trouveront pas à leur juste place au regard de leur poids économique et leur importance pour le dynamisme de l'économique toute entière.


d) Le 6ème P.C.R.D., qui vient de se terminer, a représenté 150 millions d'euros par an dans les télécommunications, soit moins de 10% des dépenses annuelles de la seule société Alcatel au niveau mondial.

Aussi le manque est d'ampleur au niveau européen, il ne s'agit pas d'une situation française seulement.

En télécommunications, il faudrait au moins doubler l'effort des programmes de l'Union européenne, pour le porter à au moins 300 millions d'euros par an.

Mais de l'aveu même, informel, de la Commission, il apparaît le 7ème P.C.R.D. devrait être moins fourni que le 6ème P.C.R.D. en matière de T.I.C.

Ce P.C.R.D. pourrait ne pas être une clé du système, d'où l'importance des programmes nationaux.

Il convient alors de communiquer sur des projets dont l'usage est le moteur (par exemple Galiléo, qui pourrait être le premier d'une série de projets de ce type).

Le Conseil devrait mettre en avant un ou deux programmes phares à impact sociétal fort (exemple : la santé humaine).

Lors de la discussion, il est souligné que pour être efficace auprès des hommes politiques et consommateurs la mobilisation doit concerner un horizon court.

À cet égard, la technologie est souvent très en avance, alors que les applications tardent. Il ne peut alors s'agir d'une question de recherche et développement.

Il est également souligné que la Loi sur la recherche recèle des sources d'inquiétudes, car elle ne concerne que la recherche, et non l'innovation ; en conséquence le danger est réel que cette loi ne soit que une loi sur la seule recherche.

La préoccupation des TIC, dans toute leur palette jusqu'aux applications et aux services, devrait être présente dans le Comité ou Conseil qui pilotera l'Agence nationale pour la recherche (A.N.R.).

Il est cependant à craindre et prévoir que l'A.N.R. ne s'occupera pas d'innovation, mais quasi exclusivement de recherche.


Deux préoccupations
relatives à ces initiatives publiques :

  • la " position du curseur " relatif aux T.I.C. ;

  • l'ambition générale, et son niveau notamment au niveau européen.

La définition de programmes transversaux à porter par les entreprises pourrait répondre à toutes ces potentialités de manière transverse.

Du point de vue du calendrier, des propositions en ce sens, alors que ni le calendrier de l'A.I.I. ni celui de l'A.N.R. ne seront alors encore devenus définitifs, paraissent opportunes.

L'importance de programmes phares, comprenant des usages associés (comme par exemple " la maison communicante " ou la " voiture communicante " ) est soulignée.

Les travaux de l'I.S.T.A.G. publiés en juillet 2004 intitulés " 11 grands défis " sont rappelés.

Par ailleurs, il est indispensable de parler davantage à l'imaginaire de la société de consommation, car le lien entre offre de services et usages correspondant est, dans le secteur T.I.C., souvent assez paradoxal.

Les P.M.E. innovantes ont besoin de se raccrocher à des grands programmes ; afin qu'elles puissent le faire, il convient de choisir des sujets et thèmes à l'expression suffisamment vague et générale.

Il est rappelé que les banques investissent en capital risque à peu près 50 milliards d'euros en Union européenne, dont 15 à 20 dans les technologies, réparties par moitié entre les sciences de la vie et les autres technologies.

Cependant en matière de T.I.C., il reste du financement non investi dans la chaîne. Le capital investissement existe mais il manque l'incitation technique culturelle.

Il est retenu d'approfondir ce que pourraient être des programmes phares, sous deux mois, afin de proposer des contributions sur ce thème au Premier ministre.

De tels projets pourraient être la santé, l'éducation, la sécurité, ou encore la maison communicante.

Internet et société de l'information : répercussion des enjeux technologiques sur les applications et les contenus

Le développement et déploiement en matière de T.I.C. sont le plus souvent simultanés, ce qui conduit à une situation de "fait accompli" très forte.

En effet les innovations en matière d'Internet, souvent appuyées sur du logiciel en premier lieu, se diffusent très largement et rapidement, sans passer par des cycles de validation et de compatibilité avec les applications existantes en général.


Les changements induits par IPV6, y compris au niveau de l'infrastructure, sont mis en relief. Les ruptures (dues aux objets communicants) de l'Internet sont devant nous.

Le problème demeure cependant de "packager IPV6", afin d'en faire un enjeu de société.

Le projet Cernet II, qui relie des machines en Chine en pur IPV6 est signalé en ce qu'il montre que le mouvement à venir, qui remettra en cause profondément le Domain name system et les préfixes, sera tiré par l'Asie.

Un avantage compétitif de l'Union européenne pouvant précisément être une capacité à gérer une complexité très grande, que les États-Unis paraissent parfois moins bien appréhender.

Il est signalé que dans le cadre du Sommet mondial de la société de l'information, trois dimensions stratégiques de la société de l'information apparaissent : le sécurité, la santé et la gouvernance.

Dans ces trois domaines, les conséquences d'iPV6 sont appelées à être particulièrement importantes.


Développement des usages des TIC dans les entreprises : nécessité d'une approche sectorielle

La croissance en matière de T.I. est tirée à un tiers par la technologie elle-même, mais aux deux tiers par les usages.

Dans ce contexte, il faut surtout s'intéresser principalement aux entreprises utilisatrices de T.I.C.

Or les entreprises utilisatrices ont, désormais, une réelle stratégie envers les T.I., à partir desquelles elles modifient leurs business models.

Par exemple, il s'agit de la mise en place de mécanismes de compétitivité par les délais, de transversalité ou encore de rentabilité du capital investi (modifié par la vitesse de circulation du capital).

Il convient, face à ces mécanismes et pour les appuyer de manière pertinente, de renforcer les processus de filière.

Par exemple l'étude du cas Gencode, à l'origine fabricant de code barres et qui a 28.000 adhérents à son système pourrait être d'enseignement précieux.

Le cercle vertueux annoncé pour l'Union européenne à partir des T.I.C. ne se produit pas.

En particulier, se pose le problème des applications de la recherche.

Il conviendrait de proposer un projet qui puisse avoir l'impact et la valeur symbolique du "Palais de l'Industrie de l'exposition universelle de 1900", comportant une partie d'exposition physique publique sur les T.I.C.

Pour parvenir à cela, il est indispensable que des crédits aujourd'hui affectés à la R&D soient utilisés ; or les disposition actuelles ne sont pas faites pour cela ...

Le rôle primordial de la formation des adultes est également souligné.

 

 
 
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